Moussa Lome

Doctorant en Linguistique à l’Université Picardie Jules Verne.

 

Titre de thèse : Le contact des langues entre le français et le wolof dans la presse radiophonique au Sénégal.

 

Directeur : M. Christophe REY.

 

L’Afrique en général et le Sénégal en particulier, étant une société de l’oralité, la parole occupa une place de choix dans la diffusion de nouvelles du temps des royaumes du Sine, du Saloum, du Baol, du Cayor,… S’inspirant de la toute première publication de presse en Afrique noire francophone datant de 1856 à Saint-Louis du Sénégal alors capitale de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F), il paraît nettement que les jalons d’une cohabitation linguistique français/wolof soient esquissés.

En effet, la minutieuse réflexion sur la distribution des langues au niveau de la presse, l’aménagement linguistique sénégalais depuis son accession à la souveraineté internationale et l’orientation linguistique des organes de presse à l’étude nous permettront de soulever un coin du voile sur la cartographie linguistique de la presse radiophonique.

De l’identité nationale reconnue officielle linguistiquement à l’identité nationale ordinaire découlant d’un nivellement par le bas et qui n’épargne aucune couche sociétale y compris la presse, on se rend à l’évidence qu’au niveau de la radio, nombreux sont les éléments d’ordre linguistique, morphophonologique, syntaxique, historique, sociolinguistique, … qui corroborent cette dualité linguistique consacrant un processus de dévernacularisation et de revernacularisation du wolof lui conférant une identité à la fois particulière et nationale aux côtés du formel et officiellement valable. Il s’agira surtout d’explorer ces phénomènes de code-mixing, switching-code, ces divergences concernant les niveaux d’élaboration qui touchent deux langues-cultures : l’une occidentale et langue de communication internationale ; l’autre, langue trans-atlantique, parlée presque dans toute l’Afrique de l’Ouest.