Camille Dormoy

Doctorante en Anthropologie à Picardie Jules Verne.

 

Sujet de thèse :

 

Habiter sa maison, son quartier ou sa ville, c’est maintenir un environnement de vie agréable et propre. Cet ordre social peut donc être amené par une multitude de pratiques telles que celles de jeter ses déchets et de les confiner dans un endroit avant de s’en débarrasser via les systèmes de gestion organisés par les politiques publiques.

Mais que reste-t-il de ces pratiques une fois sorties du domaine domestique ?  On peut définir les pratiques des lieux rapidement comme étant ce que font les individus avec les lieux, étant entendu que ce sont les manières de pratiquer les lieux qui retiennent notre attention, et non la question de la localisation ou la fréquentation ».

Ainsi, je compte m’intéresser dans cette recherche aux pratiques des lieux et aux manières d’habiter via les logiques de l’action. Comment les habitants se débarrassent des choses qui les encombrent ? Jettent-ils ? Donnent-ils ? Vendent-ils ? Et que jettent-ils ? Comment et où le font-ils ? Comment ces usagers s’articulent ou se confrontent aux exigences de propreté urbaine et de gestion publique des déchets ? L’environnementalisation de la question des déchets (Dupré, 2012) se traduit-elle par des attitudes qu’ils convient d’éclairer et de comprendre notamment dans la perspective de mener des actions publiques adaptées a leur environnement social ?

 

Démarche d’enquête :

La question de l’habiter nous offre un terrain privilégié puisque cette problématique circule du global au local : en effet, habiter sa ville c’est également habiter le monde.

Ainsi j’envisage d’étudier, les performances de tri dans les quartiers d’habitats sociaux, dans une démarche de compréhension des représentations, des contraintes ainsi que des limites de ce procédé dans de tels lieux. C’est-à-dire d’étudier la rationalisation du point de vue du premier producteur de déchets que représente ces usagers ; mais également étudier les mécanismes qui poussent certains de ces individus à jeter leur mouchoir, papier, mégot, chewing-gum ou autres déchets dans des lieux publics en menant par exemple une réflexion sur la fin de vie des objets, avant que ceux-ci ne deviennent déchets.