Sophie Chevalier

 

 

 

Sophie Chevalier est professeur d’anthropologie à l’Université de Picardie Jules Verne, après avoir été plusieurs années maître de conférences en anthropologie à l’Université de Franche-Comté. Elle a obtenu son doctorat en anthropologie à l’Université de Paris X-Nanterre, après des études de droit à l’Université de Genève. Puis, elle a séjourné deux ans en post-doctorat à l’Université de Cambridge, au Department of Anthropology.

 

Son parcours de recherche s’inscrit dans une anthropologie politique des pratiques économiques : formes d’échanges et pratiques de consommation ; articulation entre sphère privée et publique ; villes, circulation et globalisation ; parenté et solidarité ; classe sociale et race. Les thématiques qu’elle a abordées, ont toujours été dans le cadre de terrains urbains, surtout européens et récemment sud-africains. Elle poursuit un ensemble d’études ethnographiques qui s’inscrit dans une perspective d’anthropologie générale et comparative. Elle s’intéresse aussi à l’histoire de sa discipline, en particulier à « l’anthropologie chez soi ».

 

Depuis 2008, elle a entrepris une recherche de longue haleine en Afrique du Sud (Durban), sur l’émergence des classes moyennes, en articulant étude ethnographique de terrain et travail d’archives. Elle s’intéresse à la possible construction d’une identification de classe qui transcendrait le sentiment d’appartenance communautaire (ou racial), qu’elle observe à travers les pratiques économiques du quotidien, comme l’approvisionnement et la consommation alimentaires, ou celles des pratiques d’espaces urbains publics ou semi-publics. Parallèlement à ce travail, elle vient de terminer une étude avec deux collègues sur le développement des pied-à-terre détenus par des étrangers à Paris qui a donné lieu à un ouvrage, Paris résidence secondaire, publié en 2013 chez Belin. Cette figure particulière du résident secondaire permet de penser les effets de la globalisation sur les espaces urbains et leurs représentations, ainsi que le lien entre citoyenneté et localité.

 

Entre 2004 et 2008, elle s’est engagée dans recherche européenne KASS/Kinship and Social Security (6ème PCRD), coordonnée par l’Institut Max Planck pour l’anthropologie. Il s’agissait alors de montrer l’articulation entre la solidarité familiale et la sécurité sociale, ainsi que l’irruption du marché, dans huit pays européens, dans une perspective à la fois comparative et historique. Ce terrain français conduit à cette occasion, avec un collègue, avait été précédé de plusieurs autres recherches menées en Europe. En effet, durant le milieu des années 90, elle s’est intéressée au passage d’une économie planifiée à une économie de marché en Bulgarie. Elle y a mené un terrain dans une petite ville centré sur les échanges et sur l’articulation entre sphère privée et sphère publique. Cette question avait déjà été au cœur de sa thèse de doctorat qui portait sur la construction de l’univers domestique dans une banlieue parisienne. Recherche qui avait pris une dimension comparative lors de son séjour en Grande-Bretagne, avec un terrain dans la banlieue londonienne.

 

Elle est co-fondatrice et co-directrice de la revue en ligne franco-suisse www.ethnographiques.org. Elle est aussi membre du comité de rédaction de la revue Ethnologie Française ; présidente de la section anthropologie sociale, ethnologie et langues régionales du CTHS (Comité des Travaux Historiques et Scientifiques).

 

Elle a été présidente de l’APRAS (Association Pour la Recherche en Anthropologie Sociale), et membre du CA de l’AFEA (Association Française d’Ethnologie et d’Anthropologie), après avoir participé à sa création. Elle a également participé à l’organisation des Assises de l’ethnologie et de l’anthropologie en France, en 2007.

 

Pour la liste de ses publications : http://www.ethnographiques.org/Chevalier_Sophie